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 L'ancienne Légion des Sables Changeants

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Ahnarras
Gardien des Tombes


Nombre de messages : 314
Date d'inscription : 10/05/2013

MessageSujet: L'ancienne Légion des Sables Changeants   Jeu 16 Mai - 11:54

Trouve moi une armée.

Telles furent les paroles de son petit frère.
Alors il obéit.

Cela faisait plusieurs mois à présent qu'il sillonnait les dunes sans fin de Nehekhara.
Le jour, l'oeil ardent de Ptra le survolait, mais plus aucune flamme ne l'habitait.
La nuit, l'oeil argenté de Neru le survolait, mais plus aucune bienveillance ne l'habitait.
Seule la Sorcière Verte poursuivait son chemin parmi les astres en brillant du même éclat malsain qu'il y a des millénaires.

Parfois, il s'arrêtait plusieurs jours durant, assis sur une colline ensablée, et scrutant le désert qui s'étendait devant lui, il s'interrogeait sur la signification de ces signes.
Les dieux de la Terre Bénie n'étaient plus que des souvenirs voilant ses orbites creuses, alors que la Sorcière semblait au zénith de sa gloire.
L'ère des mortels avait atteint son terme, et pourtant il endurait.

Le monde s'était brisé contre les vagues des ténèbres, les osts étincelants des prêtres-rois balayés par le courroux d'un seul homme.
Oh, bien sur, ils s'étaient battus.
Il revoit aujourd'hui encore les étendards de son frère flottant au vent, et les dizaines de milliers de soldats dans leurs armures de bronze, khopesh à la main.
Il revoit les légions des morts, formant rang sur rang d'âmes damnées, dans un silence surnaturel.
Il lui semble toujours entendre le cahot des roues d'un milliers de chars s'élançant vers l'ennemi.
Et il entend les derniers échos des cris. De douleur, d'abord, lorsque les doigts squelettiques déchirèrent la gorge d'hommes de valeur qu'il avait connu toute sa vie.
Puis d'horreur, lorsque ces mêmes hommes, la vie s'échappant toujours de leurs plaies, se retournèrent contre leurs propres frères.

Il marche tout le jour durant. Et toute la nuit. Plus rien ne l'arrête, à présent.
Les feux de camp dont le nombre faisait rougeoyer l'horizon. Le fumet des porcs grillant sur la broche. Le rire des soldats se reversant une chope de bière.
Tout cela est aujourd'hui comme le sable qu'il foule infatigablement: de la poussière balayée par les âges.

Il voit poindre la première étoile dans le ciel qui noircit.
Elle est basse, comme le fut l'étoile qui le brisa.
Nombres de souvenirs des siècles disparus fuient sa mémoire vacillante, mais ce moment est gravé dans son âme.
Il revoit les sorts du chevalier de la mort qui dirigeait l'ost des morts. Il revoit les éclairs de magie noire se briser contre le bouclier qu'il avait incanté.
Il se rappelle qu'il avait pleuré de soulagement, et était tombé à genoux en remerciant la bienveillante Neru pour sa protection.

Et puis il y avait eu des grincements. Et puis il y avait un bruit claquant. Et puis les catapultes avaient lancé leurs projectiles. Et puis les têtes tranchées de ces camarades tombés volèrent dans sa direction.
Et elles hurlaient. Oh, ce qu'elles hurlaient! Un cri déchirant, le cri de celui qui avait contemplé les limbes et la face des dieux, et avait trouvé porte close.

Et comme cette étoile, le premier des crânes à atteindre sa protection rasait l'horizon. Il avait cru voir sa soeur.
Mais c'était impossible. Ca devait être impossible.
Cet instant d'hésitation lui coûta sa concentration. Le premier crâne tomba dans les troupes serrées du front, et explosa en une gerbe de magie.
Les autres furent encore plus destructeur.

Il revit la légion en déroute. Les hommes tentant de fuir ce destin. Les os blanchis agrippant leur dos, leurs yeux lorsqu'ils réalisaient que c'était la fin... et que cette fin ne finirait jamais.

La ville fut balayée. Comment s'appelait t'elle déjà? Il ne s'en souvenait plus. Il y avait une pyramide. Il lui semble qu'il y avait une pyramide.
Et il y avait une nécropole. Et il y avait tant de morts qui grimpèrent le long des remparts.

Et il y avait des enfants.


Trouve moi une armée, avait dit son frère.
Alors il marchait.

Car il était Varim, Hiérophante des Sables Changeants, et l'immortalité était son fardeau.


Dernière édition par Ahnarras le Sam 14 Juin - 0:26, édité 2 fois
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Dravil
Aurige Squelette


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MessageSujet: Re: L'ancienne Légion des Sables Changeants   Ven 17 Mai - 11:50

Pas mal ! Smile
Juste un truc : remplace pharaons par rois ou prêtres-rois. mummy
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Ahnarras
Gardien des Tombes


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MessageSujet: Re: L'ancienne Légion des Sables Changeants   Ven 17 Mai - 14:56

Arg! Exact, ça m'avais échappé. J'irais me jeter dans la fosse à serpents pour faire pénitence Very Happy
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kaass
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Date d'inscription : 06/02/2009

MessageSujet: Re: L'ancienne Légion des Sables Changeants   Sam 18 Mai - 0:05

Merci pour ton récit, ça donne long à la bouche, c'est très bien écrit.

Vivement la suite. Smile
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Lamenoire
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MessageSujet: Re: L'ancienne Légion des Sables Changeants   Sam 18 Mai - 0:11

Idem ^^ bon boulot Smile
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Ahnarras
Gardien des Tombes


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MessageSujet: Re: L'ancienne Légion des Sables Changeants   Mar 28 Mai - 23:38

Mon hiérophante ayant été rejoint par son unité d'archers, dont la peinture est à présent terminée, voici leur histoire. Enjoy Smile

Bom.

Il faisait extrêmement chaud ce jour là. L’uniforme en cuir, conçu par les meilleurs tanneurs de Nehekhara, avait beau être aussi léger que possible, il n’en restait pas moins que toute la compagnie du Faucon cuisait sur la place du village. Leur capitaine s’entretenait avec le chef de la garde locale, et un notable venu de la ville. Une grande ponte militaire, d’après ces décorations. Il parlait avec véhémence, mais la distance ne me permettait pas de comprendre ce qu’il pouvait bien raconter. Je n’en avais pas besoin d’ailleurs. Tout le village était au courant pour la guerre contre Ptra sait quel énième roi avide de pouvoir venu de Khemri. Et, à voir la mâchoire serrée de mes supérieurs, le nouveau venu n’avait pas franchement de bonnes nouvelles.
Je comprenais le but de la rencontre. La stratégie militaire ne m’était pas totalement étrangère. Mais je ne comprendrais jamais pourquoi la compagnie entière devait être en formation de parade durant les réunions. Un autre esclave apportait une nouvelle cruche d’eau fraiche aux trois capitaines, et la simple vue d’un verre d’eau failli me faire rompre les rangs. Heureusement pour moi, le souvenir d’une dizaine de coups de fouet me rattrapa à la dernière seconde, et je conservais ma place parmi mes frères d’armes.

Bom.

La nuit était particulièrement froide. Le vent faisait claquer la toile de la tente du capitaine des gardes. Le feu crépitait allégrement, et la bière coulait avec le même entrain qu’à son habitude, mais les regards des hommes étaient sombres, et les mines basses. Depuis que cette maudite réunion s’était achevée et que le notable était reparti dans son chariot surchargé de pierres précieuses et de plaques d’or, les deux capitaines locaux s’étaient retranchés sous la tente de commandement et n’avaient plus donné signe de vie. Ca sentait mauvais. Très mauvais.
Il était presque minuit lorsque notre capitaine finit par ressortir, avec la tête d’un homme au bord de l’épuisement. Neru éclairait ses traits, et je ne pu empêcher un frisson de peur de m’envahir. Il vint se placer au milieu du campement, et le silence se fit parmi les hommes.
Les gars, je suppose que vous vous demandez tous ce qu’on a bien pu se raconter durant tout ce temps. Déjà, je tiens à vous féliciter pour être resté en position durant la réunion d’état-major. Sauf toi Rakrar. Ouai, j’t’ai vu te gratter. Et ouai, t’es de corvée de latrines pour la semaine prochaine. Continue à râler, et c’est le mois entier. Bon. Où j’en étais… Ah ouai, la réunion. Je suppose que vous savez tous pour la guerre contre l’Usurpateur. Sauf que y’a du nouveau. Apparemment, et aussi crétin que ça puisse avoir l’air, les rumeurs sont fondées. Il y a réellement des légions de morts qui marchent avec les troupes régulières de Khemri. Oui Tarn, ça veut dire des cadavres qui veulent te bouffer. Enfin bon, du coup, le roi lève une armée pour défendre notre territoire. Et il a exigé que la quasi-totalité des gardes soient mobilisés. D’ici une semaine, notre compagnie sera la seule à défendre le village et les fermes des environs. Ce qui veut dire que vos arcs sont les seuls trucs qui empêchent les bandits de venir faire cramer vos baraques. Alors foutez moi le camp et allez vous reposer. Z’en aurez bien besoin.

Bom.


Il avait franchement une sale mine. Ces vêtements étaient en lambeaux, son armure une véritable ruine, et s’il portait toujours un fourreau à sa ceinture, sa lame semblait s’être perdue dans les sables du désert. Mais c’était pas ça le pire. Le pire, c’était son regard. Il avait l’œil d’un fou furieux. L’œil de celui qui a vu tant d’horreurs que seul l’instinct le plus primaire le pousse à continuer à courir. Et mon instinct à moi, c’est que le reste des hommes ne devaient pas voir cet énergumène. Du moins pas avant qu’on lui ait filé un bon bain, et qu’on l’ait calmé un peu. Je l’emmenais donc de ruelles en ruelles jusqu’à la tente du capitaine, et le fit entrer aussi discrètement que possible. J’expliquais brièvement la situation : comment je montais la garde comme le brave troufion que j’étais, comment il est sorti de derrière une dune avec sa tête de type qui a cassé la croûte avec des morts, et comment il a refusé de baragouiner une seule parole cohérente depuis. Le capitaine me dit que j’avais bien agi, et me renvoya à mon poste.
Il s’écoula plusieurs heures, et à pars du sable et du vent, et puis encore plus de sable, il n’y avait rien à signaler. J’entendis des pas derrière moi, mais ce n’était que le capitaine, la mine lugubre. Par Djaf, tout le monde avait l’air de tirer la gueule ces derniers temps.
- Capitaine.
- Repos, repos.
- Vous avez pu en tirer quelque chose ?
- Mouai. Un gars de Rasetra apparemment.
- Rasetra ? Qu’est-ce qu’un gars de Rasetra foutrait par ici ?
- Il était avec l’armée. Apparemment, le roi de Rasetra s’est allié au nôtre et s’est pointé avec une vaste armée, et des chars et de la cavalerie montée sur ces gros lézards bizarres qu’ils ont dans leur jungle maudite.
- Ah… Et, il est passé où, le lézard à notre visiteur ?
- Au même endroit que son glaive, je suppose. Tu as combien de flèches ?
- Un carquois plein, et un autre de rechange au cas où. Pourquoi ?
- Parce que tu en auras bientôt besoin.

Bom.
Bom.
Bom. Bom. Bom. Bom. Bom.


La porte ne tiendrait plus très longtemps. C’était une lourde porte en pierre, le genre de luxe que seul un temple peut se permettre dans un village de cette taille. On y avait rassemblé les femmes et les enfants. Mais même une pierre massive finirait par céder, si l’on avait le temps. Et, qu’Asaph nous protège, ceux qui se trouvaient de l’autre côté avaient toute l’éternité. Les rumeurs étaient vraies, oh oui. Des centaines de morts étaient sortis des dunes quelques jours après l’arrivée du soldat de Rasetra. Une compagnie d’une vingtaine d’archers, contre des centaines. La moitié de mes camarades étaient allongés dans le sable devant la porte du temple. Enfin, j’espère qu’ils le sont. Et pas qu’ils sont avec les autres, à taper contre la porte.
Quand la porte se fendit, et que des bras décharnés se tendirent au travers, ma flèche fut la première à voler. Et la première à faire mouche. Pas que ça ai eu tant d’importance, au final, car le bras que j’avais planté n’avait pas eu l’air de sentir l’impact. Mais bon, quand on va crever, on se satisfait des petites choses.
Ils brisèrent la porte, et on brisa leurs crânes. Puis ils escaladèrent les cadavres des morts, et nous submergèrent. Je tirais mon épée, et me la fis arracher par le capitaine. Sauf que ce n’était plus vraiment lui, évidemment. J’entendis les hurlements. C’est fou ce qu’un soldat peut avoir une voix aigue lorsqu’il va mourir. Enfin, ça devait être un soldat, hein ? Ca pouvait pas être les enfants ? Pas vrai ? Puis j’ai senti des dents s’enfoncer dans la chair tendre de mon cou, et je n’ai jamais eu la réponse à cette question.

Lève-toi.

J’ouvrais les yeux. Enfin, pas vraiment. Disons plutôt que je recouvrais la vision. Les yeux, je ne crois pas que j’en avais encore. Je regardais autour de moi, m’attendant à voir des murs éclaboussés de sang. Mais il n’y avait pas de sang. Ni de murs, d’ailleurs. Du temple, il ne restait que quelques ruines, balayées par les sables changeants du désert. Et de mon village, plus la moindre trace. Je me tournais vers la voix qui m’avait éveillé, et me trouvais face à face… Oui, j’allais dire nez à nez, mais je n’avais plus de nez… Bref, face à un vieil homme engoncé dans une cape noire. Il avait la peau rouge et sèche, comme si elle avait été brûlée par des milliers d’années par un soleil sans merci.

Levez-vous.

Autour de moi, je vis mes vieux compagnons se relever. Avec des gestes saccadés, ils ramassaient leurs arcs, du moins pour ceux que le temps n’avait pas réduits en poussière. Avec un claquement de mâchoire, mon capitaine me tendit ma vieille épée. Celle-là même qu’il m’avait arraché, il y a quelques minutes… et tant de siècles. Puis il agrippa un antique cor en bronze, et se tourna face au prêtre-liche.

J’offre… un but.

C’était pas grand-chose. Mais c’était mieux que rien. Alors j’empoignais mon arc. Et je le suivis.



Edit: cela fait plus d'un an que j'ai posté ces récits, mon année de préparation au concours m'ayant empêché d'avancer dans la rédaction de mon récit.
Cette année a vu de nombreux changements dans ma liste d'armée et dans le fluff qui l'entoure, et un récit bien plus élaboré et développé, avec une véritable trame, est en cours de rédaction.
Merci donc de ne pas tenir compte de ce post, et si un modérateur passe dans l'coin, de le fermer/supprimer  Smile
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